La désinformation renvoie à l’idée d’une information délibérément fausse cherchant à induire en erreur. Elle a pour but de remplacer des connaissances par des illusions de savoir. Sous l’emprise de la désinformation, le contenu du renseignement est volontairement altéré, totalement ou partiellement. Celui à qui le renseignement va être transmis verra ses prises de décision, ses réactions tronquées par le prisme d’une « réalité virtuelle ».
La désinformation consiste donc à orienter le raisonnement de la « cible » sans qu’elle s’en rende compte. Elle a pour effet de dissimuler ou de travestir. Nous ne sommes pas loin des actions de guerre psychologique (« psyops ») si chères aux militaires anglo-saxons. Le déroulement récent de la seconde guerre du Golfe en est un exemple frappant.
Ces manipulations se nourrissent du mensonge, répétitif, artificiel, calculé et programmé. Elles peuvent avoir pour but, dans le cadre de la compétition économique, d’orienter les concurrents sur de fausses pistes sur lesquelles ils perdront temps, moyens et énergie, sans succès bien évidemment. L’auteur de cette diversion n’aura plus qu’à mener une action qui n’aura plus rien d’un leurre là où personne ne l’attendait. Ces mesures de communication offensive trouvent particulièrement leur place sur Internet, dans les salons professionnels et par la voie de médias complaisants ou bernés. La désinformation passe également par le canal des rumeurs colportées de personne à personne, de bouche à oreille, sans données concrètes permettant de valider leur exactitude. Celles-ci touchent tous les secteurs d’activité (finance, agro-alimentaire, luxe,…). La rumeur ne coûte rien à son émetteur et ses dégâts peuvent être considérables. Elle est la mine anti-personnelle de la guerre économique et une arme redoutable contre les entreprises. Utilisée pour manipuler le concurrent ou l’affaiblir, on parlera dans ce dernier cas de déstabilisation.
La déstabilisation est une méthode extrême qui a pour but de saper les bases de l’adversaire ou de le détruire. S’il s’agit d’un concept initialement militaire dont les cibles principales étaient les états, les pouvoirs politiques en place ; l’entreprise est de plus en plus devenue une victime potentielle de ce type d’opération qui bien souvent au-delà du modelage de l’information franchit la ligne continue pour sombrer dans les travers d’actions plus concrètes comme la calomnie, la diffamation ou le sabotage qui pourront ainsi corroborer la mauvaise réputation faite à un homme ou à son produit. Le défaut de stabilité d’un véhicule d’une marque mondialement connue lors des premiers essais publics et occasionnés par des changements de dimensionnement des pneumatiques est un cas parmi tant d’autres des risques auxquels nous sommes confrontés et pour lesquels les entreprises doivent désormais se prémunir. |